17/09/2026
Je n’ai que peu de millésimes à mon actif. Trop peu pour savoir ce qu’est vraiment une saison qui laisse le temps de souffler. Cette année, en tout cas, je ne l’ai pas connue. Fin juillet, tout s’est arrêté, et sans un instant pour reprendre son souffle, tout a recommencé. Comme si le temps avait sauté une marche.
On a commencé le mercredi 19 août, et très vite, une évidence s’est imposée : il faudrait choisir. Choisir le goût plutôt que le chiffre, la patience plutôt que la précipitation. Ce n’est jamais un choix simple.
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Il y a quelque chose, dans ces semaines-là, qui dépasse le travail. Les mêmes visages reviennent chaque année, les mêmes gestes, les mêmes rires, la même confiance en eux, la même fatigue heureuse le soir. On ne fait pas que vendanger : on se retrouve. Et cette année encore, malgré la vitesse, malgré la confusion, il y a eu cette présence des autres qui a tout rendu plus léger.
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On aime raconter le vin comme un rêve, et il en faut. Mais derrière ce rêve, il y a surtout de la patience, de l’humilité devant ce qu’on ne contrôle pas, et une reconnaissance qu’on oublie trop souvent d’exprimer.
On parle aussi beaucoup de technique. Peut-être pour se rassurer, pour rester accroché à ce qui se mesure. Des chiffres, du tri, des rendements, peu de poésie. Je voudrais, pour une fois, remettre le vin à sa juste place. Plus sensible. Plus vivant. Comme nous, au fond, qui avons traversé cette saison sans vraiment la choisir, en essayant simplement de rester à sa hauteur.
Nous avons terminé le lundi 13 septembre. Tout est allé vite, trop vite pour qu’on ait eu le temps de le réaliser.
Cette année, on n’aura rien pris. On aura reçu, ce que la vigne a réussi à garder, ce que la pluie a bien voulu donner. Et avec ça, humblement, on essaiera de faire naître quelque chose de beau.
Voilà mes états d’âme. Voilà ma lettre de vendanges. Éprouvée, mais au fond heureuse. Et reconnaissante.
Merci à tous pour ce qui a été donné. - Annabelle
Je n’ai que peu de millésimes à mon actif. Trop peu pour savoir ce qu’est vraiment une saison qui laisse le temps de souffler. Cette année, en tout cas, je ne l’ai pas connue. Fin juillet, tout s’est arrêté, et sans u