16/08/2026
Tout a poussé vite.
Trop vite peut-être. La vigne avait pris de l’avance, pleine de promesses, comme si elle ne savait pas encore que l’été viendrait la chercher.
Puis le sec s’est installé. D’abord doucement, presque comme une lumière. Il nous a laissé le temps de rattraper notre re**rd, de remettre la vigne en ordre.
Et puis il est devenu la saison entière.
Les feuilles ont commencé à faner. Les raisins ont brûlé sous le soleil, leur peau s’est resserrée, le jus s’est retiré.
La vigne a gardé ce qu’elle pouvait. Nous aussi.
Alors nous avons cherché l’ombre.
Ne pas rogner. Ne pas effeuiller. Laisser les feuilles faire écran, retenir encore un peu de fraîcheur dans ce qui voulait tout prendre.
On a retiré les grappes que le soleil avait déjà condamnées.
On a rafraîchi la vigne avec des tisanes, pour tenir encore.
Quelques millimètres sont tombés.
Pas grand-chose. Mais parfois peu est mieux que rien.
Quelques baies se sont regonflées. Le jus est revenu, rare et sucré, comme une promesse qui aurait refusé de disparaître.
Pour le reste, le ciel a choisi à notre place.
Les quantités seront faibles.
Nous commencerons la semaine prochaine.
Les vendanges iront probablement vite.
Cette année, vendanger ne sera pas prendre.
Ce sera recevoir.
Recevoir ce que la vigne a réussi à sauver du feu.
Et essayer, avec cela, de faire naître quelque chose de beau.