20/10/2026
Derrière une vitrine, une vie
Il y a des images qui ne s'effacent pas. Celle d'un rideau de fer arraché, d'une vitrine en éclats, d'étagères renversées, de bouteilles ou de marchandises répandues sur le sol. Et derrière ces images, une pensée qui me serre le cœur : celle de la commerçante, du commerçant, qui arrive le matin et découvre ce qui reste de son travail.
Je le dis en tant qu'indépendante, en tant que propriétaire d'un commerce de proximité : cela me touche profondément.
On entend souvent, dans ces moments-là, que les assurances vont rembourser. Comme si tout se résumait à une ligne sur un contrat. Mais ce n'est jamais aussi simple. Il y a les démarches, les expertises, les délais, les franchises, les semaines de fermeture, les clients qui s'habituent à aller ailleurs. Et surtout, il y a ce que nul chèque ne répare : voir son travail saccagé.
Moi, je me lève chaque matin pour faire un métier que j'aime. Cela n'a pas de prix. C'est peut-être l'une des plus belles réussites de ma vie : être heureuse d'aller travailler, parce que j'aime ce que je fais.
Alors, quand je pense à ces commerçants dont les boutiques ont été détruites, je n'ose imaginer ce qu'ils ont ressenti en poussant la porte. Tout ce qu'ils avaient construit, investi, espéré, réduit en miettes. C'est d'une violence inouïe.
Je reste persuadée qu'on peut éviter cela. Qu'il existe d'autres façons de se faire entendre, d'autres façons d'exister, que de détruire et de casser. Parce que derrière chaque commerce, il y a des êtres humains. Des gens qui travaillent, qui rêvent, qui s'engagent, et qui, ce matin-là, voient s'effondrer un peu de leur monde.
À tous ceux qui ont vécu cela : je pense à vous.