09/02/2026
𝗖𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲́ – 𝗘𝘃𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗠𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲 𝗿𝗼𝘆𝗮𝗹𝗲 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲
Chers amis marcheurs, cher(e)s ami(e)s pelots.
Nous vivons dans une époque qui a, à juste titre, profondément évolué vers une plus grande égalité entre les femmes et les hommes au sein de notre société. Le folklore, en tant qu’expression vivante de notre patrimoine culturel, n’échappe pas à cette évolution. Il n’a jamais eu pour vocation d’exclure qui que ce soit et se doit aujourd’hui plus que jamais de proscrire toute forme de discrimination de genre afin de rester en harmonie avec les valeurs fondamentales de notre société.
La Marche royale Saint-Pierre de Biesmerée, qui a activement participé à l’élaboration du dossier de reconnaissance auprès de l’UNESCO et qui est reconnue depuis 2012 comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, au même titre que d’autres marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse, est actuellement une des dernières compagnies de l’Entre Sambre et Meuse à ne pas compter de participantes féminines au sein de ses rangs.
Depuis 2023, la Fédération Wallonie-Bruxelles a mis en place une charte éthique, dont la signature est obligatoire et rétroactive. Cette charte impose aux associations folkloriques le respect d’un ensemble de normes éthiques essentielles, parmi lesquelles figurent le respect mutuel entre les individus, la diversité culturelle, la participation des jeunes et l’égalité des genres.
À défaut de signature et de mise en conformité avec cette charte, les associations concernées s’exposent à la perte de leur titre d’« élément emblématique du patrimoine culturel immatériel », et par conséquent à la remise en question de leur reconnaissance par l’UNESCO. Cette situation n’affecterait pas uniquement notre marche, mais pourrait également impacter l’ensemble des Marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse.
La Fédération Wallonie-Bruxelles exige en effet que toute association folklorique souhaitant bénéficier de ce titre emblématique signe et respecte cette charte éthique. Les éléments inscrits, tels que le Carnaval de Binche, le Doudou de Mons ou encore les Marches folkloriques, disposent d’un délai allant jusqu’à 2029 pour se conformer à ces dispositions, s’ils souhaitent conserver leur reconnaissance officielle et, par extension, leur inscription auprès de l’UNESCO.
En tant que marche à l’origine du projet de reconnaissance UNESCO, nous avons à cœur de poursuivre cette démarche et de rester fidèles à l’esprit qui a guidé cette reconnaissance. C’est dans ce contexte que nous avons pris la décision de principe d’ouvrir, dès l’année 2026, les portes de notre compagnie à la gent féminine, à commencer par la fonction de porte-chapeau auprès des officiers en place. Le choix des porte-chapeaux relèvera de la responsabilité de chaque officier concerné.
Nous sommes profondément convaincus que le folklore doit rester vivant et qu’il ne peut perdurer qu’en évoluant avec son époque. L’ouverture à davantage d’égalité au sein de notre compagnie constitue une richesse et un pas nécessaire pour assurer l’avenir de nos traditions. Nous appelons dès lors à un respect total et exemplaire envers les femmes qui marcheront au sein de la compagnie, dans un esprit de dignité, de bienveillance et de fidélité aux valeurs qui fondent notre patrimoine folklorique.
Nous mesurons pleinement la portée de cette décision, qui constitue un tournant majeur pour la compagnie. Toutefois, l’histoire de la Marche témoigne de sa capacité à évoluer au fil du temps, par l’intégration de nombreuses adaptations, toujours réalisées dans le respect de nos traditions ancestrales et dans la volonté d’en assurer une évolution harmonieuse et positive.
Le corps d’office